![]() ![]() ![]() | ![]() ![]() |
|
Archives des articles - 2009 Plus que « je l’ai entendu dans la cour d’école » : Trouver et évaluer l’information en matière de santé-sexualité sur Internet Une des plus grandes réussites d’Internet est de pouvoir offrir toutes sortes d’informations au bout des doigts de millions de personnes : des encyclopédies en ligne aux moteurs de recherche, certains des services Internet qui connaissent le plus de succès sont ceux qui offrent réponses aux questions tout en aidant les gens à trier les montagnes d’informations qui y sont présentées. Il n’est donc pas surprenant que de plus en plus de jeunes se réfèrent à Internet pour obtenir réponses à leurs questions concernant un des sujets les plus épineux : le sexe. Les ados en ligne L’étude menée en 2005 par le Réseau Éducation-Médias, Jeunes Canadiens dans un monde branché – Phase II, révèle que les jeunes se tournent majoritairement vers les ressources en ligne lorsqu’ils ont besoin d’information : 91 pour cent des élèves de la cinquième secondaire préfèrent Internet aux livres de bibliothèque. En 2002, une enquête menée par le Conseil des ministres de l’éducation révélait qu’Internet était la troisième source, après l’école et les amis, la plus communément utilisée par les adolescents pour obtenir des informations sur la sexualité. La Dre Vyta Senikas, vice-présidente administrative associée de la Société des obstétriciens et gynécologues du Canada, déclarait dans le Globe and Mail en mars 2009 qu’il « s’agit d’un média avec lequel les adolescents se sentent très à l’aise et d’une ressource ne présentant aucune limite ». Les jeunes se tournent vers Internet en partie parce qu’ils ne sont pas satisfaits du genre de cours d’éducation sexuelle qu’ils reçoivent à l’école. Selon une étude menée en 2009 par le Planned Parenthood of Toronto, les trois principaux sujets qui intéressent les élèves sont les relations saines, le VIH/SIDA et les plaisirs sexuels ; par contre, les trois principaux sujets abordés par les écoles sont le VIH/SIDA, les autres infections transmissibles sexuellement et la contraception. Selon cette même étude, seulement 17 pour cent des jeunes de Toronto ont utilisé des ressources en santé publique tel qu’une clinique ou un médecin pour obtenir des informations en matière d’éducation sexuelle. Internet peut toutefois aider à faire tomber certaines des barrières traditionnelles auxquelles les jeunes se butent lorsqu’il est question d’obtenir de l’information sur la sexualité. La promotion de la santé sexuelle des jeunes, un rapport créé par l'Agence de la santé publique du Canada, a trouvé que les trois obstacles les plus nuisibles envers les jeunes cherchant à s’informer sur la santé sexuelle consistaient en un manque de ressources, d’un malaise dû à la nature gênante de leurs intérêts sexuels ainsi qu’aux jugements de leurs pairs et à leur appartenance à une minorité ou un groupe sexuel marginalisé tel que les jeunes gays, lesbiennes ou transsexuels. Internet a le potentiel de surmonter chacune de ces barrières. Il peut servir à remplir les manques lorsque le réseau traditionnel d’information en santé est moins disponible et il présente une information plus actuelle, plus approfondie et plus interactive que les brochures. De plus, l’anonymat que procure Internet est un avantage non négligeable, offrant ainsi aux jeunes un environnement confidentiel, à l’abri de la critique et des jugements, où il leur est possible de poser des questions difficiles. Comme le disait au Globe Madame Rana Barar, directrice de programme pour le site Web sexetc.org (site commandité par Answer, un organisme d’éducation sexuelle du Rutgers University), « il s’agit d’une occasion pour les ados de poser les questions auxquelles leurs cours de sexualité ou leurs parents ne peuvent répondre ». Cet anonymat peut créer un abri sûr où les jeunes qui s’identifient comme gay, lesbienne, bisexuel ou transsexuel ou qui questionnent leur sexualité peuvent trouver de l’information. L’état des connaissances en matière de sexualité Nonobstant le fait qu’il soit un mine intarissable de contenus, il est clair qu’Internet renferme nombre de défis pour les jeunes en quête d’information sur la sexualité. Le matériel proposé par les sites Web peut être biaisé ou induire en erreur et les jeunes peuvent ne pas posséder l’esprit critique nécessaire pour authentifier et valider l’information qu’ils y trouvent. De plus, les communautés en ligne les plus populaires auprès des jeunes ne constituent pas des endroits sécuritaires où ils peuvent partager leurs renseignements médicaux, sans compter que dans ces environnements, les informations provenant de leurs pairs ne sont pas nécessairement justes ou fiables. En 2008, après avoir été mis au fait de rumeurs propagées sur Internet selon lesquelles la boisson Mountain Dew pouvait être utilisée comme contraceptif et que le fait de boire du javellisant pouvait protéger du SIDA, les législateurs de la Floride ont convenu d’examiner un projet de loi exigeant que les écoles offrent une éducation sexuelle complète aux jeunes. Les jeunes Canadiens ne sont guère mieux informés : l’étude menée par le Conseil des ministres de l’éducation révèle que près de la moitié des élèves Canadiens de troisième secondaire croient qu’un traitement pouvant guérir le SIDA existe, un résultat un peu plus décevant que lorsque la question avait été posée en 1989. De plus, une étude publié en 2005 dans le journal pédiatrique Paediatric Child Health a trouvé que seulement 51 pour cent des garçons de 14 à 17 ans ont une connaissance de ce qu’est la chlamydia. En fait, les élèves alléguant utiliser Internet comme source première d’information sur la sexualité étaient moins susceptibles de répondre correctement aux questions portant sur le VIH/SIDA que ceux qui s’en remettaient à leurs enseignants, professionnels de la santé ou leurs parents. Malgré l’accessibilité de l’information sur la santé sexuelle que permet Internet, il existe peu de preuves que l’apprentissage autonome des jeunes porte fruit. Bref rapport sur les infections transmissibles sexuellement au Canada, une étude menée en 2006 par l’Agence de la santé publique au Canada, a montré que la prédominance des infections transmises sexuellement a augmenté considérablement. De plus, le rapport a signalé que les taux de chlamydia et de gonorrhée sont plus élevés que jamais parmi les jeunes âgés de 15-25 ans. À la recherche des bonnes informations Il est important de se rappeler que les jeunes sont véritablement intéressés à obtenir des informations justes et légitimes sur le sexe et la sexualité : à vrai dire, dans notre société de plus en plus sexualisée, le besoin en informations fiables va croissant, surtout afin de contrer les messages prêtent à confusion et souvent malsains auxquels sont exposés les jeunes en regard de la santé sexuelle et les relations. Si on leur demande d’imaginer un jeune furetant sur Internet à la recherche d’informations de cette nature, il ne serait pas anormal pour un parent ou un enseignant d’avoir des sueurs froides. Plusieurs d’entre nous avons personnellement rencontré des contenus hautement sexuels suite à une recherche plutôt inoffensive ; il n’est donc pas difficile de deviner le résultat d’une recherche reliée au sexe. C’est pourquoi presque toutes les écoles, et beaucoup de foyers, utilisent des systèmes ou programmes de filtrage ; toutefois, ceux-ci peuvent s’avérer être un couteau à deux tranchants : ils bloqueront certainement les sites inadéquats, mais ils bloqueront également les sites offrant des informations légitimes en matière de santé sexuelle. La solution afin de se protéger des résultats indésirables de tout acabit ? Apprendre à effectuer de meilleures recherches. Nonobstant le fait qu’ils soient extrêmement à l’aise dans le maniement d’Internet, ce que les adultes perçoivent souvent faussement comme une compétence spécialisée, les jeunes ne savent pas vraiment comment l’utiliser de façon efficace. Les moteurs de recherche sont de bons exemples : peu d’élèves savent comment construire une recherche efficace en utilisant de bons choix de mots-clés et les opérateurs booléens tels que ET, OU ou SAUF. Par exemple, les études démontrent de façon constante que les élèves utilisent trop peu de mots-clés pour obtenir de bons résultats. Une simple recherche avec le mot « sexe » produira des résultats prévisibles, mais en y ajoutant le mot « éducation », les résultats en seront grandement améliorés. En établissant les deux termes comme étant essentiels à la recherche, grâce à l’opérateur ET - « sexe ET éducation » ou « +sexe +éducation » (le signe plus peut être utilisé pour représenter le ET, le signe moins peut être utilisé pour représenter le SAUF) – concentre d’autant plus la recherche. À partir de là, l’ajout de mots-clés spécifiques, tels que « sexe éducation contraception », garantit les résultats les plus pertinents, tandis que l’exclusion de certains termes, grâce à l’opérateur SAUF, épure les résultats non pertinents. Les bonnes sources en ligne Une fois une source d’information sur la sexualité trouvée en ligne, comment les jeunes peuvent-ils évaluer s’il s’agit ou non d’une source fiable ? Les jeunes ont besoin des compétences fondamentales pour savoir comment évaluer la crédibilité d’un site. Ceci peut s’avérer être un défi lorsqu’on sait que pour les jeunes, les deux façons les plus populaires d’évaluer la fiabilité d’un site sont de savoir si leurs amis l’ont utilisé et si le site « semble » ou non être fiable. Comme les jeunes peuvent être réticents à discuter de ce sujet délicat, les recommandations provenant de leurs amis seront plutôt rares. De plus, afin d’attirer les jeunes, plusieurs sites légitimes en matière d’éducation sexuelle utilisent des graphiques flamboyants et parfois même un langage provocateur. La première étape est d’enseigner aux jeunes comment établir qui est l’auteur ou le commanditaire du site. Prenons l’exemple de masexualité (www.masexualite.ca) : ce site présente des sections expressément conçues pour les enseignants, les parents et bien sûr, pour les ados ; la section ados inclut des sujets tels que la contraception, les infections transmissibles sexuellement et l’orientation sexuelle. Le contenu, allant de questions d’ordre général comme « Qu’est-ce que le sexe » à des tutoriels portant sur l’utilisation du condom, est juste et accessible. Sur la page d’accueil, on peut y lire que le site est la propriété de La Société des obstétriciens et gynécologues du Canada, un organisme dont la réputation en matière de d’éducation sexuelle n’est plus à faire. Il est également possible de juger de la fiabilité d’un site en examinant les autres sites qui y sont reliés. Pour ce faire, plusieurs moteurs de recherche populaires vous permettent d’utiliser un outil « lien » ; il suffit d’entrer « link: » suivi de l’adresse Web. Par exemple, le résultat de la recherche « link:www.masexualite.ca » dévoilera que plusieurs services de santé gouvernementaux et communautaires y sont reliés, tels que l’Agence de la santé publique du Canada, les Services sociaux et de santé du Yukon, suggérant ainsi qu’il s’agit bel et bien d’une source légitime d’informations. Il existe des services qui certifient qu’un site est fiable. Par exemple, la fondation La santé sur Internet (www.hon.ch/home1_f.html) entretient une liste des sites d’information sur la santé qui sont fiables. En tapant « éducation sexuelle » dans leur moteur de recherche vous trouverez une liste de sites qui sont non seulement entièrement pertinents mais aussi certifiés en tant que sites ayant de l’information légitime sur une sexualité saine. Le site Web offre aussi un module externe de navigation qui vous permet de vérifier le rang d’un site sans nécessairement avoir besoin de visiter le site La santé sur Internet. Enfin, il est utile d’enseigner aux jeunes comment s’assurer que le site est maintenu à jour régulièrement. Ceci peut être important surtout en matière d’éducation à santé sexuelle, puisqu’un site mis à jour fréquemment reflètera beaucoup mieux les tendances et préoccupations sexuelles actuelles des jeunes et s’appuiera sur les études et recherches les plus récentes. Il existe deux façons d’évaluer si un site est mis à jour ou non : la première consiste à rechercher la date d'enregistrement du droit d’auteur ou la date de la « dernière mise à jour » (parfois, différentes sections d’un site auront été mises à jour à différentes dates). Par exemple, en faisant dérouler l’écran vers le bas du site masexualité, vous pourrez apercevoir une date d’enregistrement du droit d’auteur - 2009 – qui, au moment où nous écrivons, était l’année en cours. Quoiqu’une date d’enregistrement du droit d’auteur ne veuille pas nécessairement dire que le site entier ait été maintenu à jour, une date d’enregistrement de plus de deux ou trois ans suggère quant à elle que le site a vraisemblablement été laissé-pour-compte. L’autre technique consiste à tester les différents liens présentés à l’intérieur du site : si les liens sont « brisés », menant vers des pages qui ont été déplacées ou qui n’existent plus, cela prouve que le site n’a pas été mis à jour récemment. Les faits et seulement les faits Une fois la fiabilité d’une source vérifiée, il reste à savoir comment les jeunes peuvent trouver l’information requise. Certains sites sont assez bien organisés pour nous rendre la tâche facile; mais il reste utile de savoir comment chercher et naviguer plus avant à travers le contenu d’un site. Pour commencer, la plupart des sites proposent leur propre fonction de recherche, laquelle vous permet d’effectuer des recherches à l’intérieur du site lui-même. De plus, plusieurs des moteurs de recherche les plus populaires vous permettent de limiter votre recherche à un site Web en particulier en utilisant le terme « site: », suivi de l’adresse Web du site, après vos mots-clés. Par exemple, la recherche « contraception la plus efficace site:www.masexualite.ca » affichera immédiatement une liste des résultats tout à fait pertinents, incluant les pages sur les formes particulières de contraception et une page plus générale comparant l’efficacité des différentes contraceptions. Dans certains cas, il ne sera peut-être pas tout à fait possible de vérifier l’information : certains des indices mentionnés ci-dessus – l’information concernant la source, les liens vers le site et la date de dernière mise à jour – pourraient être incomplets. Dans ce cas, une méthode qui peut être enseignée aux jeunes est la méthode du triangle : tentez de confirmer n’importe quel fait en consultant trois autres sources fiables. Si ces trois sources concordent, le fait est probablement exact. Il est important de rappeler aux jeunes de vérifier la fiabilité de chaque source : trois sources non fiables ne sont pas mieux qu’une seule. Habiliter les élèves à faire de bons choix Les caractéristiques qui font d’Internet l’outil de choix pour les jeunes en quête d’information sur la sexualité, soit la confidentialité, l’anonymat et l’accessibilité, confirment la nécessité pour les enseignants, les parents et les dirigeants locaux d’aider les jeunes à développer un esprit critique et des compétences d’authentification à même de maximiser les aspect positifs, et à minimiser les aspects négatifs, lors de leurs accès en ligne. De par les défis et le potentiel illimité que représente Internet, les enseignants ont un rôle crucial à jouer auprès des jeunes en les aidant à développer les compétences informationnelles, comportementales et la motivation nécessaires pour améliorer leur santé sexuelle et ainsi éviter des répercussions négatives sur leur sexualité. Enfin, la technologie numérique offre aujourd’hui des méthodes d’enseignement novatrices, amenant les élèves à participer activement à l’apprentissage de sujets comme la sexualité. Cette pédagogie vient en soutien à la fois aux programmes de santé et d’information et aux programmes de technologie des communications. ************************************** Le Réseau Éducation-Médias (le Réseau) est un organisme canadien sans but lucratif, reconnu pour son expertise en éducation aux médias. Il a pour objectif de veiller à ce que les enfants et les jeunes acquièrent l’esprit critique et les outils nécessaires pour comprendre les médias et s’en servir judicieusement. Les programmes du Réseau sont financés par des parrains, donateurs et partenaires des secteurs public et privé, dont CTVglobemedia • Canwest • TELUS • L’Autorité canadienne pour les enregistrements Internet • CTV • l’Office national du film du Canada • le gouvernement du Canada. Sites Web suggérés : L’Agence de la santé publique au Canada – www.phac-aspc.gc.ca/std-mts/index-fra.php
|
||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|
Pour nous contacter |
|
|||||||||